On apprécie le thé en France depuis le XVIIIᵉ siècle ; il a perdu ses lettres de noblesse à la Révolution sans pour autant devenir populaire, contrairement au café qui était déjà la boisson du commerce et des débats. Il faut attendre le XIXᵉ siècle pour que “l’heure du thé” naisse et s’impose comme une partie intégrante des cultures de l’ouest et du centre de l’Europe.

C’est aussi à cette époque que la gastronomie est sortie de la Cour et de la sphère privée des grandes familles pour donner lieu à des professions à part entière : restaurateurs et critiques. Grâce à cette histoire mouvementée, la valorisation du goût, du savoir-faire et des produits de terroir se sont enracinés au coeur de l’identité culinaire française. Cela vaut pour le vin, le fromage, mais également le thé : les thés exportés depuis la France sont en moyenne les plus chers du monde, juste après les thés expédiés du Japon ! Par exemple, un thé de marque française vendu aux Etats-Unis sera en moyenne plus cher qu’un thé de marque japonaise. La signature française est gage de qualité et de prestige même face à un grand pays producteur.

Si le marché du thé en France reste dynamique (+10% en moyenne par an), l’Hexagone n’est que le 37ᵉ pays consommateur : 200g par personne et par an, alors que les Turcs engloutissent plus de 3kg ! Nous n’avons cependant pas à rougir puisque les Indiens boivent 300g par an, et les Chinois 600g (attention : ces chiffres ne prennent sans doute pas en compte le thé bu par les gens qui le cultivent eux-mêmes).

Néanmoins, il reste des progrès à faire pour que le thé soit plus apprécié en France : seulement 1 Français sur 3 en boit, et celui-ci achète principalement son thé en grande distribution. A côté des grands groupes industriels comme Lipton ou Tetley, les enseignes spécialisées (Palais des Thés, Dammann Frères) représentent seulement 25-30% de l’offre de thé alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses aux coins de nos rues.